Aquaculture durable à la croisée de l’industrie et de la recherche
Publié le 27 mars 2026
Un symposium rassemblant l’expertise en aquaculture et l’expertise en imagerie des matériaux s’est déroulé les 5 et 6 mars 2026 sur le campus de l’Université McGill. L’évènement a commencé avec une démonstration d’imagerie avec trois microscopes électroniques de McGill pour observer des coquilles Saint-Jacques. Suite à cette démonstration, une activité de réseautage a permis de faciliter les échanges entre scientifiques des matériaux et de l’aquaculture, des fermiers d’huîtres et des agentes et agents gouvernementaux. La journée suivante a été riche en discussion entourant des présentations orales et par affiche.
À droite, une vue de la salle lors des présentations orales.

Démonstrations d’imagerie
En premier lieu, le groupe a pu en apprendre plus sur l’imagerie générale en observant la morphologie générale d’une jeune coquille Saint-Jacques par microscopie électronique à balayage. L’instrument utilisé était le SEM Hitachi SU3500 avec Mode à pression variable (SP-SEM) pour améliorer la conduction de l’échantillon sans métallisation préalable.
Dans un deuxième local, on a poussé plus loin l’analyse de la microstructure et la composition d’une coquille Saint-Jacques sur le SEM Hitachi SU8000. Deux échantillons ont été observé, un poli qui permet d’observer la structure interne et des détails fins des grains de carbonate de calcium, et un échantillon fracturé qui permet d’accéder à la microstructure et l’organisation interne tridimensionnelle des grains. Lors de cette analyse, le détecteur d’électrons secondaires (SE) a été utilisé pour observer la morphologie des grains, notamment leur forme en feuillets, et le détecteur d’électrons rétrodiffusés (BSE) a permis de visualiser les différences de composition chimique ainsi que l’orientation des grains sur l’échantillon poli grâce à l’effet de channeling. Le groupe a pu découvrir une zone de morphologie différente au cœur de la coquille présentant une distribution de grains bien distinctes. Une analyse complémentaire EDS a confirmé que l’échantillon était majoritairement composé de calcium (Ca), de carbone (C), et d’oxygène (O), correspondant à la composition attendue en carbonate de calcium.





De gauche à droite, on observe l’image EBSD de la coquille Saint-Jacques trois fois, puis la coquille Saint-Jacques fracturée suivie de la coquille Saint-Jacques polie, lors de l’analyse de la microstructure.
Enfin, l’auditoire s’est déplacé dans une troisième salle pour faire l’analyse cristallographique d’une coquille Saint-Jacques préalablement polie pour obtenir une surface parfaitement plane. Ces conditions sont essentielles pour une analyse EBSD fiable. L’instrument utilisé était le SEM Hitachi SU8230 équipé pour l’EBSD (Electron Backscatter Diffraction). Cette analyse a identifié les différentes phases présentes dans le carbonate de calcium (confirmé lors de l’analyse précédente). Deux phases ont été identifiées : calcite et aragonite. La calcite était la phase majoritaire, constituée de grappes de feuillets très allongés avec des orientations variées dans la coquille. L’aragonite était une zone plus fine d’environ 100 µm d’épaisseur traversant l’échantillon. Elle est distincte par sa structure cristalline et une distribution de grains différente.
Les présentations lors du symposium étaient toutes aussi variées que l’auditoire. De l’Histoire naturelle des mollusques bivalves (Frederic Marin, Université de Bourgogne) à la fabrication de bio-interfaces dynamiques inspirées des byssus de moules (Matthew Harrington, McGill), il a également été question de l’impact des sons anthropogéniques sur l’intégrité des coquilles de moules (Réjean Tremblay, UQAR), de l’impact des vagues de chaleur sur le Mytilus edulis (Guillaume Durier, UQAR), et l’impact potentiel de la pollution métallique sur la force des coquilles de Pecten Maximus (Roland Kröger, University of York).

D’autres présentations abordaient la déstabilisation récente et du 20e siècle des bivalves enregistrées dans l’atlantique Nord subpolaire (Pierre Potvin, UQAR), des hypothèses et de la conservation de la masse des mesures du taux de passage des bivalves (Marcel Fréchette, R-D Mytis), des avancées dans les méthodes protéomiques pour caractériser les procédés biologiques (Jean-François Trempe, McGill), et l’étude de l’influence de la température sur la croissance de la coquille et les variations microstructurales chez les pétoncles de baie : aperçus issus de la microscopie multi échelle (Benazir Khurshid, McGill).

En plus des présentations orales, des sessions d’affiches ont permis de présenter la recherches dans une ambiance moins formelle, favorisant la discussion et les échanges avec les pairs.
À gauche, on observe ces dites discussions autour d’une des affiches.
Les sujets des affiches étaient variées, parlant de système de détoxification sur mesure pour l’eau de mer artificielle, de caractérisation du rôle de nouvelles protéines liant le zinc dans le durcissement de la substance adhésive des moules, d’assemblage de filaments protéiques chez les moules zébrées et quagga (dreissenidae), de l’illumination du réseau neuronal du complexe de fils de bysse de Mytilus edulis, et de la caractérisation par diffraction des Rayons-X de complexes de fer (Fe) et de vanadium (V) pour le renforcement du byssus de moules.
Un symposium rassemblant des scientifiques de différents domaines est l’occasion idéale pour diversifier les idées et résoudre des problèmes avec des solutions novatrices, parfois même en dehors des sentiers battus. L’organisation de ce symposium a été financé par le Réseau Québec Maritime et l’initiative systémique de McGill sur la Durabilité. Le RQMÉM est fier d’y avoir participé et espère que les échanges ont été fructueux. Le réseautage fait partie de la mission du RQMÉM, pour obtenir notre appui dans l’organisation d’évènements de ce genre, n’hésitez à pas communiquer avec nous en écrivant au rqmem@usherbrooke.ca.
